Les chants de Liberté

Un premier recueil de poésie

« Homme libre, toujours tu chériras la mer. »

Charles Baudelaire


Premières impressions


Lorsque mes pas m’ont conduit sur un quai de pierre où de gros bollards noirs retenaient les aussières des navires, j’ai tout de suite compris que les ports et les vaisseaux seraient désormais mon univers.
Première épreuve : la coupée était dressée vers le ciel comme une échelle de meunier conduisant derrière les ailes d’un moulin empoussiéré de farine et de son. Là-haut, dans l’embrasure d’une écoutille, un être plus pâle que la lune, plus petit qu’un goéland et plus frêle qu’une mouette montait une garde illusoire sur un arsenal embrumé de frais. « Il pleut sans cesse sur Brest » - écrivait Prévert et je songeais à Barbara.

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Au fur à mesure que je gravissais la coupée glissante, je mesurais mon erreur. L’homme sous un porche abrité qui criait ton nom était un géant de près de deux mètres et je devenais cette mouette chétive que j’avais cru apercevoir en lui.
Le maître-principal était le capitaine d’armes du bâtiment gris bardé de canons et de radars qui allait me renvoyer en miroir ma fragilité d’être.
Nous sommes des êtres imparfaits qui nous plaçons avec orgueil au centre de l’univers. Alors, les mers et les océans comme les déserts de sable, de pierre, de sel ou de glace, comme les pics des montagnes enneigées, nous remettent souvent à notre place. Ils sont aussi les derniers espaces de liberté de la planète pour autant qu’on les aborde avec humilité et respect. Ils sont tellement puissants lorsqu’ils sont en colère que nous oublions à quel point ils sont, comme nous, vivants et fragiles.

Le poète est semblable au prince des nuées

La mer, les ports, les rivages perdus des deux hémisphères sont les lieux de mes navigations. L'amour, les chants qui doivent accompagner le marin cherchant un havre de paix entre deux tempêtes. Ces poèmes sont des voyages ininterrompus. 
Les mots sont fait pour être dits, chantés, accompagnés et écoutés. Les vers sont rythmés par les vagues, moissonnés dans des champs dorés par le soleil d'été.
Une harpe celtique en a accompagné une lecture; une clarinette et un accordéon une autre. La musique donne une autre version de la poésie, l'intimise en la rendant peut-être plus accessible. 

Michel Tonnerre - poète des marins

Comment oublier ce grand poète écorché de Michel Tonnerre qui chantait si bien la mer et les marins. Un chant de Liberté qui s'est invité au rythme des saisons lorsque mes mots se posaient comme un albatros sur un pont de navire.
Bon vent, bonne mer et Amitié ! 
Jean-Marc
"Lord Jim"

 La mer qui nous rassemble


Les larmes de nos yeux
Sont toujours un non-sens
Et l’éclat des adieux
N’a rien d’une innocence.

Nos peines alors ne sont
Que des joies au futur
Lorsque nous effaçons
Les traits et les ratures.

Apaisons les élans
Pour vivre notre amour
Et que ce tango lent
Fasse briller nos atours.

Il suFFira d’un rire
Pour que l’or des baisers
Chasse tous nos soupirs
Qui cachent un brasier.

Je serai là demain
Et nous irons ensemble
Caresser de nos mains
La mer qui nous rassemble.

©-JM Bourdet – 02.12.2017

La poésie de février



Il y a le vent qui hurle de rage
Il y a les embruns qui ce soir me trempent
Il y a le gris des années sur mes tempes,
Et l'amour d'elle sur mon visage.

Mes ans sont enrubannés de vœux
Mes ans sont des galets qui roulent
Mes ans sont mon histoire qui parle
Je suis déjà si vieux.

Alors,

Vivez le fruit de vos rêves éveillés
Vivez vos amours chaque fois renouvelés
Vivez le pardon pour des mots échevelés
En écoutant mon chant le soir à la veillée.

© - Jean-Marc Bourdet - 26 janvier 2018

La poésie du froid






 
J’ai toujours chaud, c’est vrai
Ce soir, je sens le froid
Je trie le grain, l’ivraie
Et je me glace d’effroi.

 


© - Jean-Marc Bourdet – 24 février 2018





La poésie de Mars


Ma vie
 
L’espace est un miroir avant d’être le vide
Je compte sur le reflet mes cernes et mes rides
Sur l’aire de la glace qui est sans concession
Et me voit comme un être coupable de passion.
 
Je somme le quotidien
Pour compter et délier
Les jours du méridien
Dont mes ans sont alliés.
 

Je suis autant d’Eros que de rires et de larmes
Je tiens en main ma vie qui balaye les alarmes
Je rêve de ma mie, feu au cœur de l’hiver
Si fragile cristal aussi nue que le ver.
 
C’est si simple de vivre
C’est comme une oraison
Aux âges de raison
Dans les pages d’un livre.

 
Mes doigts font ce qu’ils veulent au Fil de mes pensées
Des traces sur la neige en mon cœur insensé
Du désir de poser mon front sur ton épaule
Et de planer en vol comme les feuilles d’un saule.
 
Je somme le quotidien
Pour compter et délier
Les jours du méridien
Dont mes ans sont alliés.

 
C’est ainsi que le temps lorsque le froid s’installe
Se récite des psaumes chuchotés dans les stalles
En bure pour prier les caprices du ciel
D’aimer à tout jamais les feux de l’arc en ciel.
 
C’est si simple de vivre
C’est comme une oraison
Aux âges de raison
Dans les pages d’un livre.

 
© - Jean-Marc Bourdet – 07 mars 2018 

La poésie d'Avril


Avril entre Sète et Antilles
 
La mer est là; les bateaux dressés comme des montagnes
Le désir de naviguer et d'embouquer les passes me gagnent
Un vent fou se glisse sous mon col ouvert
Reste d'effroi d'un souvenir d'hiver.

Le ciel se couvre de nuages qui inFiltrent les bleus
Les clapots mouillent les marins qui en prennent plein les yeux
Le sel brûle et crevasse les mains tendues sur les aussières 
Ici, c'est bien le vent de tramontane qui chasse la poussière. 

Sète est de vin de pastis et de chansons à boire
Dorée sous les feux d'un soleil génereux et bruissante d'espoir
Dont les passants cherchent le pont des arts pour soulever les jupes des Filles
Aussi belles que les corps sombres des amantes aux Antilles.

© - Jean-Marc Bourdet – 06 avril 2018 

Chant

Je suis le vent
 
Le vent qui caresse
Le vent qui paresse
Le vent qui gémit
Le vent qui s’enfuit.
 
Je suis le vent
 
Qui fait valser les goélands
Qui fait ployer les blés des champs
Qui fait rêver les amants enlacés
Qui fait hurler la baie des Trépassés.
 
Je suis le vent
 
Le vent que tu entends
Le vent que tu attends
Le vent errant sur les mers du monde
Le vent qui sait que notre terre est ronde.
 
Je suis le vent
 
Le vent qui pousse doucement le verrou de la porte
Qui ferme les volets au nez des saisons mortes
Qui frémit dans la nuit quand la tuile est aux loups
Qui l’hiver sur le Traict bravait les gabelous.
 
Je suis le vent
 
Endormi fatigué, abrité sous un porche
Rêvassant sur la mousse qui colore les roches
Bercé comme un enfant par le rythme des vagues
Gonflant les belles voiles du navire au grand largue.
 
Je suis le vent
 
Le vent qui s’évanouit sous le fracas des bombes
Le vent qui pleure les morts errant entre les tombes
Le vent qui s’épanouit dans tes cheveux dénoués
Le vent de la jouissance dans ta gorge nouée.
 
Et quand je te chevauche sur le drap en rêvant
Je suis l’oiseau planant sur la rose des vents

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