Mémoires englouties

Faut-il éclairer l'histoire récente ?

Oui, il faut éclairer l'histoire et le roman est un des moyens pour la rendre plus proche, plus fluide, moins rébarbative en somme. Les dates que nous apprenions par coeur sont loin. Aujourd'hui il n'est plus question de savoir mais d'avoir entendu parler de... sans en retenir quoi que ce soit.
C'est plus facile pour les élèves mais c'est dommage pour leur vie de citoyens puisqu'ils ne comprennent pas comme s'est déroulé le temps, quels sont les erreurs du passé et comment ne pas les reproduire.
J'ai toujours aimé l'histoire sans pour autant en apprécier toutes les époques et tous les protagonistes. Pour ne citer qu'un exemple: Je détestais Napoléon 1er que je considérais (et considère toujours) comme un dictateur et qui me lassait avec ses guerres perpétuelles. Il avait créé une nouvelle noblesse qui était loin des idéaux qui me berçaient.
Par contre, la seconde guerre mondiale me fascinait. J'en entendais parler sans cesse et les films foisonnaient sur le sujet. Mon père avait été prisonnier de guerre et racontait parfois ses évasions ratées et surtout la troisième qu'il avait réussie. Pour les gosses de l'après-guerre que nous étions, c'était un épopée et nous inventions des jeux avec des moyens de fortune afin de nous plonger dans celle-ci.
Mon premier roman : "L'ombre du Brézé", était une traversée de l'histoire en trois époques (1665, 1940 et 1973). Il m'avait donné l'occasion de travailler sur l'histoire et je voulais arrêter d'écrire sur les opérations présentes de notre armée. Une longue immersion à Saint-Nazaire m'a permis de m'imprégner de son histoire, de l'ambiance d'un port ouvrier, avec ses chantiers navals et surtout de cotoyer chaque jour l'immense base sous-marine des loups de Dönitz.
Mon expérience des sous-marins était encore chaude et le drame des marins français engagés dans ce conflit saignait encore. Lors de mon embarquement à bord de la Jeanne d'Arc, en 2010, un homme m'avait accosté alors que je lisais un document sur Mers-el-Kébir. Il dirigeait une association d'anciens de ce drame et s'inquiétait de ce qu'un écrivain pouvait en dire. Le sabordage de la flotte à Toulon en novembre 1942 restait aussi un traumatisme pour la "Royale". Je voulais évoquer ces sujets et l'un de mes personnage de 1940 traverserait cette époque avec ses tripes.
Quels pouvaient-être les choix d'un officier de marine en juin 1940, avec des informations fragmentaires ? Charles de Milly est un personnage composite: c'est un peu moi et c'est aussi mon père. C'est lui qui m'a conduit tout au long de l'écriture.

 Un roman historique

Une photo retrouvée d'un grand-père officier de Marine disparut en avril 1940 dans l'incendie de son navire va déclencher un cataclysme familial... Comment s'est-il retrouvé à Mers El-Kébir en juillet 1940 ? Où est-il mort et quand ? Cécile, jeune lieutenant de vaisseau va devoir répondre à ces questions et découvrir le parcours de cet homme d'exception.
Entre Saint-Nazaire et le marais de Brière, ce roman nous interroge également sur ses choix et ceux de ses proches dans une période où l'information est fragmentaire et où il faut décider très vite.
Construit comme un roman policier, le récit alterne au fil des chapitres entre deux époques : 1940/1945 et 2015.
La préface de l'Amiral Rogel, chef d'état-major de la Marine souligne le remarquable travail d'écriture et l'intérêt de ce devoir de mémoire sur des moments clés de la seconde guerre mondiale.


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